Évaluation biologique : interprétation du spermogramme et bilans complémentaires

Un homme consulte pour infertilité. Le spermogramme est déjà réalisé. Le résultat est anormal.

Et pourtant, une question élémentaire reste parfois sans réponse :

➡️ l’homme a-t-il été examiné ? …

Lors du congrès Andro’Caraïbes 2025, le Dr Gilles BramiMédecin spécialisé en Andrologie, à l’Institut Alfred Fournier à Paris, a rappelé un point fondamental du raisonnement clinique : le spermogramme seul ne suffit pas. Il nécessite toujours un contexte.

 « Dans le bilan initial du couple infertile, les recommandations indiquent clairement qu’il faut réaliser un examen clinique de l’homme. Pourtant, beaucoup de spermogrammes sont prescrits sans examen préalable, ni recommandation et accompagnement du patient. »  Gilles Brami

1️ Des profils variés, un constat partagé

En pratique, les hommes arrivent rarement dans l’ordre idéal :

  • Certains demandent un spermogramme dans un contexte d’infertilité de couple.
  • D’autres arrivent avec un résultat anormal trouvé avec une argumentation des résultats réalisés par l’IA sur Internet, sans avoir vu de médecin.
  • D’autres encore sont adressés avec un bilan hormonal déjà réalisé, mais sans examen clinique.

Dans tous ces cas, la biologie est là. Mais le patient, lui, n’a pas encore été examiné.

2️ L’interrogatoire : un outil sous-estimé

Avant toute interprétation, quelques questions changent souvent la lecture du spermogramme. La fièvre récente en est l’exemple le plus parlant.

« La fièvre est un élément majeur souvent oublié lorsqu’on prescrit un spermogramme. Une hyperthermie dans les trois mois précédents peut fortement impacter un résultat pathologique temporaire, avec une interprétation qui en dépend. » Gilles Brami

 L’interrogatoire permet également d’identifier :

  1. ATCD médicaux (Diabète , maladie inflammatoire …) et chirurgicaux (de la région pelvienne, notion de cryptorchidie, varicocèle ?) 
  2. Chaleur chronique (syndrome fébrile dans les 3 mois, eau chaude …), position assise prolongée, ordinateur sur les genoux
  3. Tabac, alcool, cannabis, obésité, sport intensif
  4. Métier avec expositions professionnelles et toxiques
  5. Notion de fratrie 
  6. Quelques données importantes chez la partenaire (âge, atcd de fausse couches spontanées, suivi et bilan ?) 
  7. Informations sur la sexualité : nombre de RS non protégés par semaine, présence ou non de trouble sexuels associés (libido, éjaculation …) 
  8. Facteurs psychologiques : un point extrêmement important

Cas clinique n°1 : M. SM, 34 ans

➡️ Consultation spontanée avec un spermogramme, sans examen préalable.

  • Spermogramme : 9 millions/mL, 35 millions par éjaculat, mobilité 45 %, 0 % de formes typiques.
  • À l’interrogatoire : travail sédentaire, ordinateur sur les genoux, sport intensif, douches chaudes.
  • À l’examen clinique : varicocèle de grade 3, hypotrophie testiculaire, testicules mous.

 Des conseils de mode de vie sont donnés. Quatre mois plus tard, sans avoir réalisé l’échographie prescrite, le patient revient avec le sourire : sa femme est enceinte.

 « Comme quoi, varicocèle plus chaleur, ça peut suffire à expliquer certaines situations, et surtout rassurer. » Gilles Brami

Cas clinique n°2 : M. D., 33 ans

➡️ Adressé par un centre de PMA après un an de tentatives. Femme de 27 ans avec endométriose confirmée.

  • Bilan hormonal déjà réalisé. Date de cryo-conservation programmée. Mais aucun examen clinique réalisé.
  • À l’examen : varicocèle bilatérale. Et une fièvre importante au moment du spermogramme, non prise en compte.

« Le maître mot, c’est d’écouter et examiner. » Gilles Brami

🩺 Quelle place pour le médecin généraliste et pour vous ?

À l’issue de la conférence, la salle a interrogé le Dr Brami sur le rôle du médecin de premier recours.

Sa réponse est immédiate : le médecin généraliste, comme le gynécologue ou la sage-femme, a un rôle clé à jouer dans le dépistage précoce et l’examen clinique initial, à condition d’être formé. Dans certains territoires, l’accès à l’andrologie est limité.

➡️ Intégrer systématiquement une question sur l’examen clinique de l’homme dans votre suivi de couple infertile est une amélioration facile à activer et immédiate.

« Il faut prendre son temps, écouter et rassurer. L’infertilité masculine n’est pas une course-poursuite, mais un parcours de soins. » Gilles Brami

📍 Ce que ces situations nous rappellent

Explorer l’infertilité masculine commence rarement par la biologie. Elle commence par l’interrogatoire et l’examen clinique.

C’est précisément ce type de situations de terrain qui alimenteront les discussions du prochain congrès Andro’Caraïbes, où cliniciens, biologistes et urologues confronteront leurs pratiques autour de la santé reproductive masculine.

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Du 29 au 30 Octobre 2026 en Guadeloupe

Deux jours pour optimiser vos pratiques en santé reproductive masculine.

Fait avec <3 par l' Agence Moun