Hanae Pons
Maître de conférences – Praticien hospitalier
Biologie de la reproduction et spermiologie – CHU de Clermont-Ferrand
Hanae Pons
Maître de conférences – Praticien hospitalier
Biologie de la reproduction et spermiologie – CHU de Clermont-Ferrand
« L’observation manuelle reste absolument essentielle pour avoir une estimation globale de la qualité spermatique. » Hanae Pons
En pratique, le spermogramme est souvent perçu comme un examen simple, presque automatique.
Un chiffre, une norme, une conclusion rapide.
📍La réalité biologique est tout autre.
Lors d’Andro-Caraïbes 2025, le Dr Hanae Pons, maître de conférences – praticienne hospitalière en biologie de la reproduction et spermiologie au CHU de Clermont-Ferrand, a rappelé un point fondamental : le spermogramme n’a de valeur que replacé dans un contexte clinique, pré-analytique et interprétatif rigoureux.
🔎 Comment éviter les interprétations erronées d’un spermogramme et orienter utilement la prise en charge du couple infertile ❓
Un spermogramme ne s’interprète jamais hors contexte.
Le délai d’abstinence, une fièvre dans les trois derniers mois, une infection récente, une exposition environnementale ou professionnelle, un stress aigu : tous ces éléments influencent directement les paramètres spermatiques.
En pratique, de nombreux examens sont encore réalisés sans examen clinique préalable, parfois même sans que le patient ait été vu par le prescripteur.
📌 Sans information clinique minimale, l’interprétation biologique perd une grande partie de sa pertinence.
Volume, pH, viscosité, aspect, concentration, numération totale, mobilité, vitalité, morphologie :
Tous les paramètres apportent une information
Aucun paramètre ne doit être interprété de manière isolée.
C’est leur lecture combinée qui permet d’identifier des signes d’appel.
Exemple :
La mobilité doit d’abord être évaluée à faible grossissement, à la recherche d’agglutinats ou d’agglomérats, parfois évocateurs d’anticorps anti-spermatozoïdes.
La mobilité à trois heures est particulièrement informative, notamment lorsqu’une asthénospermie secondaire est suspectée.
Les valeurs OMS correspondent au 5ᵉ percentile d’hommes ayant obtenu une grossesse naturelle en moins de 12 mois.
Ce ne sont pas des seuils de normalité individuelle.
😰 Une interprétation anxiogène, sans explication, expose à des décisions inadaptées et à une perte de confiance du patient.
Examens complémentaires : savoir quand aller plus loin
En fonction des anomalies observées, des examens ciblés peuvent être proposés :
bilan hormonal, biochimie séminale, spermoculture, caryotype, analyses génétiques, test de migration-survie.
Certaines altérations, comme la fragmentation de l’ADN, ne sont pas visibles au spermogramme.
« Le principal problème aujourd’hui, ce n’est pas la technique, c’est le seuil. » Hanae Pons
➡️ La reproductibilité impose un suivi dans un même laboratoire, avec prudence dans les comparaisons inter-centres.
Un spermogramme bien interprété :
🫱🏽🫲🏾 Plus qu’un examen de tri, le spermogramme reste un outil clinique majeur, à condition d’être lu avec méthode, recul et collaboration.
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Sources
Normes OMS (spermogramme)
Marqueurs biochimiques
Analyse CASA
Stress oxydatif/ Santé de l’homme/Infertilité
